PECHEA, Roumanie - Le destin d’un homme dépend parfois d’un concours de circonstances. Un seul élément change et l’avenir se dessine d’une toute autre façon.
Que le boxeur Lucian Bute se retrouve au sommet de son sport grâce à son titre mondial des super-moyens de l’IBF tient presque du miracle. Rien n’annonçait un tel parcours quand le petit bonhomme de 12 ans s’est pointé le nez dans le minuscule et peu équipé gymnase de boxe de Pechea, sa ville natale, dans le département de Galati, en Roumanie.
Cette petite localité vieillotte de la campagne roumaine est située à environ cinq heures de route de Bucarest. Ce n’est pas qu’une longue balade en automobile, c’est un recul dans le temps.
Au volant, notre interprète doit se méfier des charettes de bois tirées par des chevaux. Le long de la route nationale à voie simple qui assure rapidement la relève de l’autoroute, des paysans fauchent les foins à la faucille sur des terres coincées entre des cultures de tournesol.
À Pechea vivent toujours les parents de Lucian, Maria et Stefan, un couple sympathique et accueillant. Il suffit de demander à un passant où ils résident pour obtenir rapidement les informations. Située sur un chemin de terre comme la majorité du village, la maison Bute fait bonne mine derrière une clôture qui la protège des regards.
Décision surprenante
Le petit Lucian y vivait en compagnie de ses trois soeurs, Doïna, Mariana, Valerica, plus âgées que le champion de 31 ans, et Cristina, la cadette. Un gamin sans histoire que maman décrit comme calme, sage, studieux et attentif.
«Jamais un professeur ne s’est plaint de mon fils. Il se comportait à l’école comme à la maison ou dans la rue », affirme-t-elle fièrement.
En somme, rien de l’adolescent turbulent qui adopte la boxe pour canaliser ses énergies et assouvir son besoin de capter l’attention.
«La boxe ne correspondait pas à sa personnalité, explique la maman, plus volubile que le papa, un gros nounours. Lucian nous a pris par surprise. Il avait prévenu ses soeurs qu’il s’entraînait, mais ne nous le disait pas. Un jour, il est revenu à la maison avec une ecchymose sur la joue droite. J’ai exigé des explications.»
Stefan connaissait plutôt son fils comme un mordu de soccer.
«Un ami l’a amené au gymnase. Il y est allé une fois, deux fois, puis il a décidé de s’y rendre régulièrement. Quand nous avons constaté que Lucian y trouvait son plaisir, nous l’avons accepté.»
Ses parents pensaient que tôt ou tard, il perdrait goût à la boxe. Ses succès chez les amateurs ont surpris Maria et Stefan. Et encore plus chez les professionnels. « Je ne pense pas me tromper en affirmant que Lucian ne prévoyait pas faire carrière», raconte sa mère.
Lucian n’a pas abandonné, bien au contraire. À 14 ans, il se battait un peu partout dans le pays. Comme tous les parents du monde, Maria et Stefan lui ont recommandé la plus grande prudence.
«J’ai commencé à moins m’inquiéter des blessures quand j’ai vu qu’il se tirait bien d’affaire entre les câbles», ajoute son père.
Seconde surprise
Devenu adulte, Bute réservait une autre surprise de taille à ses parents, celle d’émigrer au Canada. Encore là, il a d’abord informé ses soeurs de son projet.
«Lucian allait souvent à Bucarest. Il négociait son départ pour le Canada sans nous prévenir, raconte Maria. Ce n’est que peu de temps avant son départ qu’il a demandé à me parler. Je ne me sentais pas à l’aise de laisser partir mon seul garçon. Il a fortement insisté. Il me manque énormément. Nous l’attendons toujours avec impatience et la tristesse nous envahis lorsqu’il nous quitte.»
Bute pouvait prendre cette décision qui aurait été impossible si la Roumanie ne s’était pas libérée du joug du dictateur communiste, le président Nicolae Ceauşescu, en décembre 1989. Bute aurait choisi un métier à l’école professionnelle comme son père, électricien à la métallurgie de Galati aujourd’hui à l’abandon.
Le Québec aurait perdu un fils adoptif.
SOURCE:
http://fr.canoe.ca FISHING, Romania - The fate of a man may depend on a combination of circumstances. Only one item changes and the future is taking shape in a totally different way.
The boxer Lucian Bute is at the top of his sport through his world title super-middleweight in the IBF is almost a miracle. Nothing indicated such a path when the little man of 12 years showed up in the tiny nose and poorly equipped boxing gym in sin, his hometown, in the department of Galati, Romania.
This quaint little town of the Romanian countryside is located about five hours drive from Bucharest. This is not a long trip by car, it's a step back in time.
At the wheel, our interpreter must be wary of wood carts drawn by horses. Along the single track road which ensures rapid succession from the highway, farmers mow the hay with a sickle of land wedged between sunflower crops.
At Fisheries parents still live in Lucian, Maria and Stefan, a couple friendly and welcoming. Just ask a passerby where they reside to obtain information quickly. Located on a dirt road as the majority of the village, the house Bute is good looks behind a fence that protects it from view.
Surprising decision
The small Lucian lived with her three sisters, Doina, Mariana, Valerica, older than the champion of 31 years, and Cristina, the youngest. A kid with no history that Mom described as calm, wise, studious and attentive.
"Never does a teacher complained about my son. He behaved in school and at home or on the street, "she says proudly.
In short, nothing that takes the turbulent teen boxing to channel his energies and satisfy his need to capture attention.
"Boxing did not fit his personality, says the mother, the more talkative as the dad, a big teddy bear. Lucian took us by surprise. He had warned his sister that he was training, but does not say. One day he came home with a bruise on the right cheek. I demanded an explanation. "
Stefan knew rather his son as an avid soccer.
"A friend took him to the gym. He went once, twice, then decided to go there regularly. When we found that there was Lucian pleasure, we have accepted. "
His parents thought that sooner or later he would lose taste for boxing. His success among fans surprised Maria and Stefan. And even among professionals. "I do not think I am right in saying that Lucian did not provide a career," says his mother.
Lucian did not give quite the contrary. At 14, he fought throughout the country. As any parent of the world, Maria and Stefan he recommended the utmost caution.
"I started to worry less injury when I saw that he drew much business between the ropes," said his father.
Second surprise
As an adult, Bute store for another big surprise to his parents, one to immigrate to Canada. Again, he first informed his sister of his project.
"Lucian often went to Bucharest. He was negotiating his departure for Canada without telling us, says Maria. It was only shortly before he left he asked me about. I do not feel comfortable to let my only son. He strongly emphasized. I miss him greatly. We always look forward and sadness when we invaded leaves us. "
Bute could make the decision that would have been impossible if Romania had not liberated from the yoke of communist dictator, Nicolae Ceausescu President in December 1989. Bute would have chosen a career in professional school like his father, an electrician in the metallurgy of Galati now abandoned.
Quebec has lost an adopted son.
SOURCE:
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